Historique du mouvement

1er août 1907. Il est 8 h du matin quand sur l’île de Brownsea, en Angleterre, le son d’une corne de koudou retentit dans le silence. Lord Robert Stephenson Smyth Baden-Powell of Gilwell vient d’inaugurer le premier camp scout. À ce moment, une vingtaine de garçons constitue le groupe d’éclaireurs. Qui aurait pu deviner qu’au-delà de 100 ans plus tard, nous serions 50 millions de scouts à travers le monde!

Objectif : paix

«Transformer l’art d’apprendre aux hommes à faire la guerre, en l’art d’apprendre aux jeunes à faire la paix», c’était là le premier objectif de celui que les scouts surnomment affectueusement BP.

Baden-Powell a 19 ans lorsqu’il échoue à ses examens d’entrée à l’université. Il faut dire que depuis toujours, il préfère l’école buissonnière et les expéditions en forêt aux longs cours magistraux et aux leçons ennuyeuses. Son expérience d’exploration de la nature, de campement et d’observation finit cependant par bien le servir. Nous sommes en 1876 lorsqu’il décroche la deuxième place pour entrer à l’école militaire.

Dès l’année suivante, BP est envoyé en Inde au sein de l’armée britannique. Là-bas, il constate toute l’importance des éclaireurs dans les opérations militaires. Le régiment du jeune sous-lieutenant, le 13e Hussards, est déplacé en Afrique du Sud. BP est promu capitaine, il a maintenant 26 ans. Il rencontre des éclaireurs indigènes et perfectionne ses connaissances sur l’observation et l’art de l’approche. Il forme de jeunes éclaireurs militaires selon ses propres méthodes, c’est-à-dire en constituant de petites unités ou patrouilles dont les membres répondent à un seul chef, et surtout en valorisant et en récompensant les meilleurs comportements. Aux plus méritants, il remet un insigne dont le dessin s’inspire du point Nord de la boussole, très similaire à ce qui deviendra le badge du scoutisme mondial.

Les balbutiements du mouvement

Baden-Powell est désormais reconnu et respecté, c’est un chef qui donne l’exemple. Il retourne en Inde, parcourt l’Afghanistan, les Balkans, l’île de Malte et la Russie. Sa carrière militaire est ponctuée de succès, dont le plus retentissant demeure celui de Mafeking, en 1899. De retour en Afrique du Sud en pleine guerre des Boers, Baden-Powell dirige la résistance de cette petite ville pendant 217 jours de siège. Il utilise alors les jeunes hommes pour occuper des postes d’éclaireurs, de sentinelles et de messagers, libérant ainsi les militaires accomplis pour des tâches plus périlleuses. BP consigne ses réflexions dans un petit livre appelé Scouting,ou en français, L’art des éclaireurs. Promu major général puis lieutenant général, Baden-Powell rentre finalement en Angleterre, où il est accueilli en héros national.

Là, il constate que son petit livre, d’abord écrit pour les jeunes soldats, a obtenu un succès phénoménal auprès des clubs de loisirs comme les Boys Clubs ou les Boys Brigades. La jeunesse britannique des quartiers désœuvrés, les adolescents en mauvaise santé et trop souvent délinquants incitent BP à mettre en pratique les principes qu’il a observés à la guerre, mais cette fois, au service de la paix. Il décide alors de réécrire son ouvrage en l’adressant spécialement pour les garçons, Scouting for boys. Ses méthodes d’éducation s’appuient sur l’apprentissage par le jeu, l’indépendance et la confiance. Lorsqu’il souffle dans sa corne de koudou pour inaugurer le premier camp scout, en 1907, Baden-Powell a 50 ans.

Un succès retentissant

Scouting for boys connaît un succès immédiat et rapidement, le Mouvement des Boys Scouts est créé. En 1909, l’ouvrage est déjà traduit en cinq langues et un premier rallye organisé à Londres attire plus de 11 000 scouts. BP choisi alors de se consacrer entièrement au scoutisme et à la jeunesse et prend sa retraite militaire. En 1912, il rencontre et épouse Olave, qui devient à son tour chef éclaireuse et fonde le Mouvement des guides.

En 1927, le roi d’Angleterre, George V, anoblit BP qui devient alors Lord Baden Powell.

Selon les derniers recensements de l’Organisation mondiale du Mouvement scout, le scoutisme est pratiqué dans plus de 200 pays et territoires, est composé de plus de 170 organisations membres. Il regroupe plus de 50 millions de scouts et bénévoles.

Fait intéressants:

Il n’existe que cinq pays au monde où le scoutisme n’est pas présent : la Chine, Cuba, le Laos, la Corée du Nord et Andorre . De plus, les scouts ont été les précurseurs des Jeux olympiques!

La Belgique est le troisième pays au monde qui compte le plus de scouts.

Le Jamboree est un rassemblement de milliers de membres scouts de partout sur la planète.

Le salut scout est reconnaissable partout sur la terre et même dans l’espace (il y a eu des astronautes scouts).

On se serre la main gauche! oui, oui! La main gauche est d’abord celle du cœur (placée du coté du cœur) de plus BP racontait que les indigènes rencontrés avaient l’habitude de se serrer la main gauche entre hommes de confiance.

Le foulard scout est bien plus qu’un simple bout de tissu. Il est, avec la chemise, le seul élément de l’uniforme que les scouts du monde entier ont en commun. Selon ses couleurs, il signifie aussi l’appartenance à un groupe, celui du 19e de Mascouche est gris et bourgogne.